Depuis le 22 août 2026, une nouvelle salve de droits de douane américains de 50 % frappe une partie des exportations canadiennes vers les États-Unis. En réponse, le Canada a annoncé le 25 août 2026 de nouvelles contre-mesures : à compter du 8 septembre 2026, environ 700 produits américains — acier, produits laitiers, électronique, machinerie agricole, papier, électroménagers — seront soumis à des surtaxes de 15 %, 25 % ou 50 %, selon le principe du « dollar pour dollar ».
Vous détenez peut-être XEQT, VDY, XEI ou XIC dans votre CELI ou votre REER. La question qui vous vient probablement à l’esprit est simple : est-ce que ces FNB sont exposés? Et si oui, lesquels le sont davantage?
La réponse n’est pas un simple « oui » ou « non ». Certains secteurs du marché canadien sont directement dans la ligne de mire de ces tarifs. D’autres en sont carrément exclus. Et la composition exacte de votre portefeuille — pas seulement son drapeau — détermine votre véritable exposition.
Voyons cela méthodiquement : ce qui vient de se passer, pourquoi ça peut affecter la Bourse, quels FNB sont réellement concernés, et surtout, ce que cela signifie concrètement pour un investisseur à long terme.
1. Que se passe-t-il actuellement entre le Canada et les États-Unis?
Le geste américain : Section 338, une première historique
Le 20 juillet 2026, le président Trump a invoqué la Section 338 du Tariff Act de 1930 — un outil qui n’avait jamais été utilisé depuis près d’un siècle. Trois proclamations distinctes imposent un tarif additionnel de 50 % sur des produits canadiens ciblés dans les secteurs de l’automobile, des boissons alcoolisées et des produits laitiers, en invoquant des pratiques jugées discriminatoires envers le commerce américain dans ces trois secteurs. Ces droits, entrés en vigueur le 22 août 2026 après un court report, s’appliquent même aux produits normalement conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
Un point à retenir dès maintenant : l’énergie, la potasse et les minéraux critiques sont explicitement exclus de ces tarifs de la Section 338, tout comme les produits déjà visés par les tarifs de la Section 232 (acier, aluminium, cuivre), qui demeurent en vigueur séparément : 50 % sur les produits entièrement composés de ces métaux, 25 % sur les produits dérivés, calculés depuis avril 2026 sur la pleine valeur douanière.
La réplique canadienne : une mesure qui entrera en vigueur le 8 septembre 2026
Le 25 août 2026, le gouvernement du Canada a annoncé de nouvelles contre-mesures ciblées qui entreront en vigueur à 0 h 01 le 8 septembre 2026. Ces surtaxes de 15 %, 25 % ou 50 % s’appliqueront produit par produit selon le taux imposé par les États-Unis sur l’équivalent canadien, et toucheront l’acier, l’aluminium, les produits laitiers, l’électronique, la machinerie agricole, le papier et les électroménagers. La liste complète des produits américains visés est publiée par le ministère des Finances.
Une précision sur les montants en dollars. Deux chiffres circulent pour décrire l’ampleur de ce conflit : environ 20 milliards de dollars américains d’un côté, et 27,6 milliards de dollars canadiens de l’autre. Ce ne sont pas deux mesures contradictoires, mais deux façons de mesurer un même ordre de grandeur. Des analyses juridiques américaines publiées en juillet 2026 estimaient que les tarifs de la Section 338 toucheraient environ 20 milliards de dollars américains d’importations annuelles en provenance du Canada (environ 5 % de la valeur totale des marchandises importées des États-Unis depuis le Canada), sur la base des données commerciales de 2024-2025. Le gouvernement canadien, dans sa propre annonce du 25 août 2026, chiffre plutôt les produits canadiens visés par les tarifs américains du 22 août à 27,6 milliards de dollars canadiens — et appliquera ses contre-mesures « dollar pour dollar » sur un montant équivalent d’importations américaines. L’écart entre les deux chiffres reflète la devise et la période de référence utilisées, non une différence de fond dans l’ampleur du conflit.
Ce qui est confirmé : les taux, les dates d’entrée en vigueur et les catégories de produits touchées, telles que publiées par les gouvernements canadien et américain. Ce qui demeure incertain : la durée de ces mesures et la possibilité d’une désescalade, notamment dans le cadre du réexamen conjoint de l’ACEUM entamé à l’été 2026.
Pourquoi cela ne touche pas tout le commerce Canada–États-Unis
Il faut éviter de généraliser. Selon des données de novembre 2025 compilées par les Services économiques TD — donc avant l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs de la Section 338 —, environ 89 % des marchandises canadiennes traversant la frontière demeuraient conformes à l’ACEUM et donc exemptes de droits de douane de base. Les nouveaux tarifs sont ciblés — automobile, alcool, produits laitiers — et non universels.
Les États-Unis demeurent, de loin, le principal débouché commercial du Canada : environ 76 % à 77 % de la valeur totale des exportations canadiennes de marchandises y sont destinées, le pétrole brut et les véhicules automobiles représentant à eux seuls près du tiers de ces exportations. C’est cette dépendance structurelle qui explique pourquoi une escalade tarifaire retient l’attention des marchés.
2. Pourquoi les tarifs peuvent-ils affecter la Bourse canadienne?
La mécanique est assez simple à suivre, même si ses effets sont diffus dans l’économie :
Tarif → coût plus élevé pour l’exportateur ou l’importateur → prix plus élevé ou marge réduite → demande potentiellement plus faible → ventes et profits des entreprises affectées → décisions d’investissement et d’embauche → croissance économique → bénéfices des sociétés cotées → valorisation boursière.
Les effets indirects sur la confiance des entreprises et l’incertitude peuvent avoir un impact plus large sur l’économie que les tarifs eux-mêmes. Selon l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, l’économie canadienne a perdu environ 42 000 emplois en août 2026, dont 19 000 au Québec. Ces données témoignent d’un marché du travail plus faible, même s’il serait prématuré d’attribuer l’ensemble de ces pertes directement aux tarifs. Certains secteurs exposés au commerce, notamment la fabrication et la foresterie, demeurent particulièrement sensibles au conflit commercial. Le taux de chômage national s’établissait à 6,4 % en août.
Selon une analyse de RBC Économique publiée le 27 août 2026, les mesures américaines actuellement appliquées représentent environ 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis et environ 0,4 % du PIB et de l’emploi au pays — un effet réel, mais qui n’est pas décisif à lui seul. Le risque principal identifié par RBC réside davantage dans une escalade éventuelle que dans les mesures déjà en place.
Dans ce contexte, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre 2026, une septième décision consécutive de statu quo. Dans son communiqué, la Banque note que le PIB a progressé de 3,3 % au deuxième trimestre après une très faible croissance au premier trimestre, mais que « les nouveaux droits de douane américains ainsi que les menaces de recours à d’autres mesures pourraient compromettre la durabilité de la reprise ».
Retenez ceci : un tarif frappe une transaction précise. Ses répercussions boursières dépendent de la part que cette transaction représente dans les revenus d’une entreprise donnée — et par extension, dans un FNB donné.
3. FNB du marché canadien : XIC, VCN et ZCN
XIC, VCN et ZCN suivent tous des indices très proches du marché boursier canadien dans son ensemble. Selon la fiche officielle de BlackRock, la répartition sectorielle approximative de XIC est la suivante : services financiers ~36 %, énergie ~18 %, matériaux de base ~15 %, industrielles ~10 %, technologie ~7 %, le reste réparti entre consommation discrétionnaire, services publics, télécommunications, immobilier et santé.
Ce que cela signifie pour l’exposition tarifaire :
- Les services financiers (~36 %) n’exportent pas de biens physiques soumis à des tarifs; leur exposition est indirecte, via un éventuel ralentissement économique (voir section 7).
- L’énergie (~18 %) est explicitement exclue des tarifs de la Section 338 (voir section 5).
- Les matériaux de base (~15 %), qui incluent l’acier et l’aluminium, forment la portion la plus directement exposée aux tarifs actuels.
- Les industrielles et une partie de la consommation discrétionnaire peuvent inclure des entreprises liées à l’automobile ou au bois d’œuvre.
Dire que « les tarifs américains, c’est vendre le Canada » serait trop simpliste : la majorité pondérée de ces FNB — financières et énergie combinées, plus de la moitié du portefeuille — a une exposition directe relativement faible. C’est la portion matériaux et industrielle, nettement plus petite, qui porte le risque le plus direct.
4. FNB de dividendes : VDY, XEI, XDIV et ZDV
Les FNB de dividendes canadiens sont souvent perçus comme « défensifs ». Cette réputation mérite d’être nuancée.
| FNB | Financières (approx.) | Énergie (approx.) | Autres pondérations notables |
|---|---|---|---|
| VDY (Vanguard, ~60 titres) | ~59 % | ~29 % | Services publics ~4 %; le reste sous les 3 % chacun |
| XEI (BlackRock, ~75-82 titres) | ~32 % | ~30 % | Services publics ~12 %; communications ~7 %; immobilier ~5 % |
| XDIV (BlackRock, facteur qualité) | ~48 % | ~29 % | Services publics ~9 %; consommation cyclique ~9 % |
| ZDV (BMO, pondéré par le rendement) | 38,38 % | 21,10 % | Matériaux 13,54 %; services publics 7,22 %; industrielles 6,24 % |
VDY est le plus concentré des quatre, avec ses cinq plus grandes positions (Banque Royale, TD, BMO, Enbridge, Banque Scotia) représentant à elles seules près de la moitié du fonds. XEI, avec un plus grand nombre de titres et une pondération plus large en services publics et en immobilier, dilue un peu plus ce risque de concentration. XDIV, malgré sa méthodologie « qualité », affiche une pondération financière comparable à VDY. ZDV, selon les données sectorielles publiées par BMO en date du 4 septembre 2026, se distingue par une pondération financière moins élevée (38,38 %) et une exposition notable aux matériaux (13,54 %) et aux industrielles (6,24 %) — un profil un peu plus diversifié que celui de VDY ou de XDIV, mais qui introduit du même coup une exposition un peu plus directe aux secteurs touchés par les tarifs sur l’acier et l’aluminium.
La distinction essentielle : exposition directe versus exposition indirecte. Une banque canadienne n’exporte pas de produit soumis à un tarif douanier — son exposition directe est pratiquement nulle. Mais elle demeure exposée indirectement : si ses clients commerciaux exportateurs voient leurs revenus fléchir, la banque peut voir augmenter ses pertes sur prêts ou ralentir sa croissance de crédit commercial. De la même manière, un pipeline comme Enbridge transporte un produit explicitement exclu des tarifs de la Section 338, mais son volume pourrait réagir à un ralentissement de la demande énergétique nord-américaine pour des raisons plus larges que le seul différend commercial.
Ce que les FNB de dividendes ne sont pas : un refuge garanti. Leur exposition directe aux tarifs demeure relativement faible dans l’ensemble, mais leur concentration dans deux ou trois secteurs les rend sensibles à un ralentissement économique généralisé si le conflit s’aggravait. Relativement moins exposé ne veut pas dire à l’abri.
5. Énergie : XEG, ZEO et l’exposition énergétique de VDY/XEI
L’énergie est, à ce stade, relativement mieux positionnée — sans être sans risque. Comme mentionné plus haut, les proclamations de la Section 338 excluent explicitement l’énergie, incluant le pétrole brut, l’une des plus importantes catégories d’exportation canadienne vers les États-Unis en valeur absolue.
Cela ne signifie pas que le secteur est à l’abri de tout risque, indépendamment des tarifs : le prix mondial du pétrole, la croissance économique globale et le taux de change CAD/USD demeurent des facteurs déterminants.
La concentration sectorielle compte aussi. XEG est fortement concentré dans les grandes sociétés canadiennes d’exploration et de production énergétique (Suncor, Canadian Natural Resources, Cenovus, Imperial Oil), et exclut les grandes entreprises de pipelines — une composition plus étroite que l’exposition énergétique diluée qu’on retrouve dans VDY ou XEI. ZEO, à pondération égale, répartit le risque plus uniformément entre producteurs de tailles différentes.
En clair : l’énergie canadienne pourrait être relativement mieux positionnée face aux mesures actuelles précisément parce qu’elle en est exclue — mais elle demeure exposée à un ensemble de risques sans lien avec le conflit commercial, et un FNB sectoriel concentré comme XEG amplifie ce risque par rapport à une exposition diluée.
6. Matériaux et industrie : où le risque pourrait être plus direct
C’est ici que se trouve l’exposition la plus directe aux tarifs américains actuellement en vigueur.
Acier, aluminium et cuivre demeurent soumis aux tarifs de la Section 232 : 50 % sur les produits entièrement composés de ces métaux, 25 % sur les produits dérivés. Le bois d’œuvre demeure également visé par des mesures distinctes, avec une surtaxe additionnelle de 25 % ajoutée en juillet 2026 sur certains produits comme les armoires et vanités en bois. L’automobile est directement ciblée par l’une des trois proclamations de juillet 2026 — la proclamation américaine notant elle-même une baisse d’environ 22 % des exportations américaines de véhicules vers le Canada au cours de la dernière année.
Contrairement à l’énergie ou aux dividendes, il n’existe pas de FNB canadien coté en bourse et largement détenu qui concentre spécifiquement l’exposition à l’acier, à l’aluminium et à l’automobile canadienne. Les FNB « matériaux » existants sont en pratique dominés par les métaux précieux (or, argent) plutôt que par les métaux industriels visés par ces tarifs, et ne constituent donc pas une comparaison pertinente ici. Cette exposition se retrouve plutôt diluée à l’intérieur des grands FNB indiciels comme XIC, VCN et ZCN — et, dans une moindre mesure, dans la composante matériaux et industrielle de ZDV, comme on l’a vu à la section précédente.
C’est précisément ce qui limite le risque pour un détenteur de FNB large : la diversification sectorielle inhérente à un FNB indiciel agit comme un amortisseur naturel face à ce type de choc ciblé, contrairement à un pari concentré sur un seul secteur exposé.
7. Banques canadiennes
Les banques représentent une part considérable de nombreux FNB canadiens — souvent 30 % à 60 % selon le fonds — d’où l’intérêt de leur consacrer une section distincte.
Les grandes banques canadiennes n’exportent pas de biens physiques et ne sont donc pas directement visées par les tarifs. Leur exposition transite plutôt par des canaux indirects : un ralentissement économique général réduisant la demande de crédit, des prêts commerciaux aux entreprises exportatrices touchées (acier, automobile, foresterie) voyant leur risque de défaut augmenter, ou un chômage qui s’étendrait au-delà des secteurs déjà touchés.
À ce jour, les données disponibles suggèrent un marché du travail affaibli mais pas en effondrement : chômage national à 6,4 % en août, avec des signes de fragilité plus marqués dans certains secteurs exposés au commerce. Cette analyse s’applique directement à VDY, XEI et XDIV (fortement pondérés en banques), à des FNB financiers plus spécialisés comme XFN ou ZEB (qui concentrent l’exposition presque exclusivement sur les services financiers), ainsi qu’à XIC. Plus un FNB est concentré dans les banques, plus il dépend de la trajectoire économique générale du pays.
8. Qu’en est-il de XEQT et VEQT?
C’est une section essentielle, XEQT et VEQT figurant parmi les FNB les plus détenus au pays. La diversification internationale change complètement l’analyse.
Selon les données de BlackRock pour XEQT et de Vanguard pour VEQT, XEQT alloue environ 24 % à 26 % à des actions canadiennes et environ 44 % à 46 % à des actions américaines, le reste allant aux marchés internationaux développés et émergents. VEQT alloue une portion un peu plus grande au Canada (environ 30 %) et un peu moins aux États-Unis (environ 43 %) — une différence de conception entre Vanguard et iShares, sans que l’un soit objectivement supérieur à l’autre.
Concrètement, l’exposition combinée aux secteurs directement touchés par le différend commercial — matériaux, automobile canadienne — ne représente qu’une fraction d’une fraction du portefeuille total. Le reste est investi dans des milliers d’entreprises américaines, européennes, japonaises et de marchés émergents sans lien direct avec ce différend précis. C’est pourquoi une guerre commerciale Canada–États-Unis, même si elle s’intensifiait, ne justifie pas automatiquement une modification du portefeuille pour un investisseur qui détient déjà XEQT ou VEQT à long terme.
9. Et VFV?
VFV réplique le S&P 500. Un investisseur canadien pourrait être tenté de penser : « Les États-Unis imposent des tarifs, donc les actions américaines devraient en profiter, au détriment du Canada. » Cette équation est trop simpliste.
Les entreprises américaines elles-mêmes peuvent subir les contrecoups d’une guerre commerciale : une hausse des coûts d’intrants pour celles qui s’approvisionnent en acier, en aluminium et en composantes canadiennes; des perturbations dans des chaînes d’approvisionnement nord-américaines très intégrées, particulièrement dans l’automobile; les contre-mesures canadiennes elles-mêmes, qui toucheront environ 700 produits américains à compter du 8 septembre; et un ralentissement économique nord-américain plus large qui n’épargnerait pas nécessairement des entreprises réalisant une part significative de leurs revenus au Canada et à l’international.
En clair : « tarifs américains imposés = actions américaines gagnantes, Canada perdant » n’est pas une équation fiable. Les deux économies sont trop intégrées pour qu’un camp « gagne » clairement pendant qu’un conflit commercial bilatéral s’intensifie.
10. Tableau comparatif
| FNB | Type | Principales expositions | Sensibilité potentielle aux tarifs | Pourquoi |
|---|---|---|---|---|
| XEQT | Actions mondiales tout-en-un | ~25 % Canada, ~45 % É.-U., reste international | Relativement faible | Diversification mondiale; les secteurs directement tarifés ne représentent qu’une fraction d’une fraction du fonds |
| VEQT | Actions mondiales tout-en-un | ~30 % Canada, ~43 % É.-U., reste international | Relativement faible | Même logique que XEQT, légère différence de pondération géographique |
| VFV | Actions américaines (S&P 500) | 100 % grandes capitalisations américaines | Modérée, dépend du scénario | Non directement tarifé, mais exposé aux effets indirects (coûts d’intrants, contre-mesures canadiennes, ralentissement nord-américain) |
| XIC / VCN / ZCN | Marché canadien large | Financières ~36 %, énergie ~18 %, matériaux ~15 % | Modérée | Portion directement tarifée (matériaux, industrie) minoritaire; portion financière/énergie surtout exposée indirectement |
| VDY | Dividendes canadiens concentrés | Financières ~59 %, énergie ~29 % | Relativement faible sur le plan direct, forte concentration sectorielle | Peu d’exposition tarifaire directe, mais dépendance marquée à deux secteurs |
| XEI | Dividendes canadiens diversifiés | Financières ~32 %, énergie ~30 %, services publics ~12 % | Relativement faible sur le plan direct | Diversification sectorielle plus large que VDY, exposition indirecte semblable |
| XDIV | Dividendes canadiens (facteur qualité) | Financières ~48 %, énergie ~29 % | Relativement faible sur le plan direct | Méthodologie « qualité », mais univers de titres largement similaire à VDY |
| ZDV | Dividendes canadiens (pondéré par le rendement) | Financières 38,38 %, énergie 21,10 %, matériaux 13,54 % | Légèrement plus élevée que XDIV/VDY sur le plan direct | Pondération financière plus faible, mais exposition aux matériaux et aux industrielles plus marquée |
| XEG | Énergie canadienne (producteurs) | Grandes sociétés d’exploration et de production | Plus élevée en volatilité, mais énergie exclue des tarifs actuels | Secteur exclu de la Section 338, mais fonds étroit et concentré, sensible à d’autres facteurs (prix du pétrole, devise) |
| ZEO | Énergie canadienne (pondération égale) | Producteurs pétroliers et gaziers, pondération répartie | Plus élevée en volatilité, mais énergie exclue des tarifs actuels | Diversifie le risque entre producteurs par rapport à XEG |
| XFN / ZEB | Financières canadiennes (banques) | Grandes banques canadiennes | Relativement faible sur le plan direct | Exposition presque exclusivement indirecte, via la santé économique générale |
11. Trois scénarios possibles
Ce ne sont pas des prédictions, mais des scénarios illustrant différentes trajectoires possibles.
Scénario 1 — Désescalade rapide
Un règlement négocié entre Ottawa et Washington, potentiellement dans le cadre du réexamen conjoint de l’ACEUM, mènerait au retrait partiel ou complet des tarifs récents des deux côtés. Les secteurs les plus directement touchés — matériaux, automobile — pourraient voir un soulagement plus marqué que le reste du marché, simplement parce qu’ils partaient d’un niveau de risque plus élevé.
Scénario 2 — Tarifs maintenus pendant plusieurs mois
Un statu quo prolongé ressemble à la situation actuelle : un effet mesurable mais non décisif sur le PIB et l’emploi, concentré dans des secteurs précis plutôt que généralisé. Les FNB sectoriels concentrés dans les industries tarifées continueraient de porter l’essentiel du risque, tandis que les grands indices diversifiés continueraient d’absorber ce choc localisé sans qu’il ne détermine leur trajectoire globale.
Scénario 3 — Escalade de la guerre commerciale
Une intensification du conflit — nouveaux tarifs, élargissement à d’autres secteurs, y compris potentiellement l’énergie qui en est exclue pour l’instant — pourrait peser plus largement sur la croissance canadienne, avec des répercussions potentielles sur l’ensemble du marché boursier, y compris les banques, via le canal du ralentissement économique généralisé. Les FNB mondiaux diversifiés comme XEQT et VEQT resteraient relativement mieux protégés grâce à leur portion internationale, sans être totalement à l’abri d’un choc de confiance plus large.
12. Alors, faut-il modifier son portefeuille?
Pour un investisseur canadien diversifié avec un horizon de 10, 20 ou 30 ans, une nouvelle économique importante — même une guerre commerciale bien réelle — n’est pas automatiquement une raison de modifier sa stratégie.
Il faut distinguer deux choses : un changement dans l’économie, qui fait partie du paysage normal des marchés depuis toujours et qu’un portefeuille bien diversifié est précisément construit pour traverser; et un changement dans la situation personnelle de l’investisseur — notamment son horizon, sa tolérance au risque et ses objectifs — qui devrait demeurer le principal facteur guidant une révision de portefeuille, plutôt que les manchettes de la semaine.
Certaines circonstances peuvent néanmoins justifier une révision, indépendamment du contexte tarifaire : une concentration excessive dans un seul secteur directement exposé, un horizon de placement court, une tolérance au risque mal évaluée au départ, ou un portefeuille très concentré géographiquement dans le seul marché canadien sans exposition internationale.
Si aucune de ces situations ne s’applique à vous, la réaction la plus appropriée n’est probablement pas de vendre ou de réorganiser votre portefeuille dans l’urgence, mais de comprendre où se situe réellement votre exposition — ce que cet article visait à clarifier.
Foire aux questions
Est-ce que je devrais vendre mes FNB canadiens à cause des tarifs américains?
Pas nécessairement. La majorité des grands FNB canadiens — XIC, VDY, XEI, XEQT, VEQT — ont une exposition directe limitée aux tarifs actuellement en vigueur, qui ciblent des secteurs précis (matériaux, automobile) plutôt que l’ensemble de l’économie.
XEQT et VEQT sont-ils protégés grâce à leur portion internationale?
Ils sont mieux diversifiés, ce qui réduit leur dépendance à un seul conflit commercial bilatéral, mais aucun FNB en actions n’est totalement à l’abri de la volatilité des marchés dans un scénario d’escalade.
Pourquoi l’énergie canadienne semble-t-elle moins touchée?
Parce que l’énergie, la potasse et les minéraux critiques sont explicitement exclus des tarifs américains de la Section 338 annoncés en juillet 2026. Cela ne veut pas dire que le secteur est sans risque — il demeure sensible au prix mondial du pétrole et à d’autres facteurs indépendants des tarifs.
Les FNB de dividendes comme VDY sont-ils un bon abri contre une guerre commerciale?
Ils ont une exposition directe relativement faible aux tarifs, mais ils sont fortement concentrés dans les banques et l’énergie, ce qui les rend sensibles à un ralentissement économique généralisé si le conflit s’aggravait. Ce ne sont pas des placements « sans risque ».
Avertissement : cet article est produit à des fins éducatives seulement et ne constitue pas un conseil en placement personnalisé. Les données présentées étaient à jour le 7 septembre 2026 et peuvent avoir changé depuis. Consultez un professionnel qualifié avant de prendre une décision de placement.
