Introduction : rendement, diversification ou qualité ?
Vous ouvrez un CELI et vous voulez y loger des dividendes canadiens. Trois noms reviennent constamment : VDY, XEI et XDIV. Les trois versent des distributions mensuelles, les trois sont indiciels et les trois affichent des rendements de distribution qui se ressemblent. Pourtant, ils ne répondent pas à la même question.
Faut-il privilégier le revenu immédiat, une meilleure répartition entre les secteurs, ou une sélection d’entreprises réputées plus solides ? Selon la priorité, le fonds le plus pertinent change. Cet article ne désigne pas de gagnant universel. Il vous donne plutôt les éléments pour choisir en connaissance de cause.
Tableau comparatif VDY vs XEI vs XDIV
| VDY (Vanguard) | XEI (iShares) | XDIV (iShares) | |
|---|---|---|---|
| Stratégie | Actions canadiennes à rendement élevé, pondérées par capitalisation | Titres du TSX à dividende élevé | Dividende élevé filtré par critères de qualité, plafond de 10 % par titre |
| Indice | FTSE Canada High Dividend Yield | S&P/TSX Composite High Dividend | MSCI Canada High Dividend Yield 10% Security Capped |
| Frais de gestion | 0,22 % | 0,22 % | 0,11 % |
| Distributions | Mensuelles | Mensuelles | Mensuelles |
| Nombre de titres | ≈ 60 | ≈ 75 | ≈ 20 |
| Poids des 10 premiers titres | 68,9 % (31 août 2026) | ≈ 45,9 % (24 sept. 2026)¹ | ≈ 77,3 % (24 sept. 2026)¹ |
| Secteurs dominants | Finance 59,0 %, énergie 28,5 %, services publics 4,2 % | Finance ≈ 30,8 %, énergie ≈ 29,5 %, services publics ≈ 13,8 % | Finance ≈ 47,7 %, énergie ≈ 29,2 %, services publics ≈ 9,0 % |
Le RFG (ratio des frais de gestion) désigne le coût annuel total du fonds, taxes incluses, exprimé en pourcentage de l’actif.
Ce que chaque FNB détient réellement
VDY : un pari assumé sur les banques
VDY réplique l’indice FTSE Canada High Dividend Yield, qui pondère ses titres selon leur capitalisation boursière. Plus une entreprise est grosse, plus elle pèse dans le fonds, et au Canada, ce sont les banques. Au 31 août 2026, Royal Bank représentait à elle seule 15,7 % du fonds et TD 11,1 %. Ses dix premiers titres totalisent 68,9 % de l’actif, et la finance (59,0 %) et l’énergie (28,5 %) en représentent près de 88 %.
Côté revenu, les distributions mensuelles varient, mais la tendance est positive : la portion en dividendes déterminés a environ doublé entre 2016 (1,08 $ par part) et 2025 (2,20 $).
- Principal avantage : une exposition simple et peu coûteuse (RFG de 0,22 %) aux plus grands payeurs de dividendes du pays.
- Principale limite : près de six dollars sur dix sont investis en finance. Une mauvaise année pour les banques canadiennes pèse lourd sur le fonds.
XEI : la répartition la plus large des trois
XEI réplique l’indice S&P/TSX Composite High Dividend. Avec 75 titres, il dilue davantage le poids de chaque entreprise. Au 24 septembre 2026, ses trois premiers titres, TD (5,2 %), Suncor (5,2 %) et Royal Bank (5,0 %), pesaient chacun environ 5 %, et ses dix premiers totalisaient environ 46 % de l’actif. Particularité : la finance (environ 31 %) y laisse beaucoup plus de place qu’ailleurs aux services publics (environ 14 %), aux télécommunications (environ 7 %) et à l’immobilier (environ 4 %).
Côté revenu, XEI affichait un rendement de distribution de 3,50 % et un rendement sur 12 mois de 3,80 % au 24 septembre 2026, les plus élevés du trio.
- Principal avantage : une meilleure répartition entre les secteurs et un poids par titre plus faible, pour le même RFG que VDY (0,22 %).
- Principale limite : l’énergie y pèse presque autant que la finance, soit environ 29,5 %. XEI inclut aussi des titres plus petits dont le dividende élevé peut refléter un risque plus élevé plutôt qu’une aubaine.
XDIV : peu de titres, filtrés par la qualité
XDIV réplique l’indice MSCI Canada High Dividend Yield 10% Security Capped. BlackRock le décrit comme un portefeuille d’actions canadiennes à dividendes supérieurs à la moyenne, stables ou croissants, sélectionnées pour la solidité de leur bilan et la stabilité de leurs bénéfices. Au 24 septembre 2026, il ne détenait que 20 titres. Suncor (9,6 %), TD (9,6 %), Manulife (9,5 %), Canadian Natural Resources (9,2 %) et Royal Bank (9,1 %) frôlaient chacun le plafond de 10 %. Particularité : les assureurs (Manulife, Sun Life, Great-West Lifeco) y pèsent plus lourd que les banques, avec environ 21 % contre 19 %.
Côté revenu, XDIV affichait un rendement de distribution de 3,16 % et un rendement sur 12 mois de 3,40 % au 24 septembre 2026.
- Principal avantage : les frais les plus bas du trio (RFG de 0,11 %) et un filtre de qualité explicite.
- Principale limite : les 10 premiers titres totalisent environ 77 % du fonds. Le plafond de 10 % limite le poids d’une seule entreprise, mais pas celui d’un secteur : la finance (environ 48 %) et l’énergie (environ 29 %) en représentent plus des trois quarts.
Revenu distribué : de quoi parle-t-on exactement ?
Deux mesures reviennent souvent, et les émetteurs ne les calculent pas toujours de la même façon.
BlackRock définit le rendement de distribution comme la dernière distribution annualisée, divisée par la valeur liquidative du fonds, et précise qu’il ne représente pas le rendement total. Le rendement courant sur 12 mois, lui, additionne les distributions de revenu des 12 derniers mois et les divise par la valeur liquidative.
| Rendement de distribution | Rendement sur 12 mois | |
|---|---|---|
| VDY | 3,31 % | 3,12 % |
| XEI | 3,50 % | 3,80 % |
| XDIV | 3,16 % | 3,40 % |
Sources : les chiffres de VDY sont publiés par Vanguard au 31 août 2026. Ceux de XEI et de XDIV sont publiés par BlackRock au 24 septembre 2026.
Deux mises en garde s’imposent. D’abord, la page de VDY consultée n’explique pas la méthode de calcul de ces deux mesures, et les dates diffèrent. L’écart entre VDY et les fonds iShares ne doit donc pas être lu au dixième de point près. Ensuite, un rendement de distribution plus élevé n’est ni garanti ni synonyme de meilleur placement : les distributions varient d’un mois à l’autre, et un rendement peut monter simplement parce que le prix des titres a baissé.
Le rendement total, qui combine la variation du prix et les distributions réinvesties, raconte une histoire plus complète. Sur la même période, en dollars canadiens, calculé sur la valeur liquidative avec distributions réinvesties et annualisé au 31 août 2026 :
| 1 an | 3 ans | 5 ans | |
|---|---|---|---|
| VDY | 43,03 % | 28,63 % | 18,77 % |
| XEI | 37,69 % | 23,90 % | 16,31 % |
| XDIV | 42,85 % | 27,97 % | 19,35 % |
Sources : les rendements de VDY proviennent de la fiche Vanguard au 31 août 2026, et ceux de XEI et de XDIV proviennent des fiches BlackRock à la même date.
Ces rendements reflètent une période particulièrement favorable aux banques et à l’énergie canadiennes. Ils ne garantissent rien pour l’avenir.
Chevauchements : banques, énergie et services publics
Le point le plus important de cette comparaison est ce que les trois fonds ont en commun. TD, Royal Bank, Canadian Natural Resources et Suncor figurent parmi les 10 premiers titres des trois fonds. Ces quatre entreprises représentent environ 37 % de VDY, 20 % de XEI et 37 % de XDIV, selon les données de fin août et du 24 septembre 2026.
- Énergie : c’est le chevauchement le plus frappant. Elle pèse entre 28 % et 30 % dans chacun des trois fonds.
- Finance : la nature de l’exposition diffère. Dans VDY, ce sont surtout les grandes banques. Dans XDIV, les assureurs (Manulife, Sun Life, Great-West Lifeco) pèsent plus lourd que les banques, avec environ 21 % contre 19 % selon nos calculs.
- Services publics : XEI leur accorde la place la plus importante, avec environ 14 %, contre environ 9 % pour XDIV et 4,2 % pour VDY.
L’effet du CELI
Dans un CELI, les distributions canadiennes et les gains en capital réalisés ne sont généralement pas imposés au Canada, pas plus que les retraits. Ces trois FNB détiennent des actions canadiennes : il n’y a donc pas de retenue d’impôt étrangère à craindre. En contrepartie, le crédit d’impôt pour dividendes n’a aucune utilité dans ce compte, puisqu’aucun impôt n’y est payé, et une perte n’y est pas déductible.
Le CELI améliore le résultat après impôt de n’importe lequel des trois fonds, mais il ne rend aucun d’eux meilleur que les autres. Le choix doit reposer sur ce que le fonds détient, pas sur le compte.
Profils investisseurs
Priorité au revenu.
XEI mérite d’être examiné en premier : ses deux mesures de rendement étaient les plus élevées du trio à la date de vérification, et son revenu provient d’un plus grand nombre de sources. Le compromis : une part plus importante de titres plus petits et de secteurs sensibles aux taux d’intérêt, et un rendement total qui a été le plus faible des trois sur les périodes présentées.
Priorité à une meilleure répartition.
XEI reste le candidat logique, avec 75 titres et le poids par titre le plus faible. Le compromis : une exposition à l’énergie qui demeure importante, près de 30 %. Une répartition plus large ne veut pas dire une répartition équilibrée.
Faut-il détenir les trois ?
Rarement. Trois FNB ne signifient pas trois fois plus de diversification. Les quatre mêmes entreprises se retrouvent parmi les 10 premiers titres de chaque fonds, et l’énergie pèse autour de 29 % dans chacun. En combinant les trois, vous obtiendriez surtout une moyenne des mêmes paris, payée avec des frais légèrement différents et un rééquilibrage plus complexe. Si vous cherchez à réduire votre concentration, la réponse se trouve plutôt dans une exposition hors du Canada ou hors des secteurs financier et énergétique, pas dans un troisième fonds de dividendes canadiens.
Verdict
Aucun des trois n’est objectivement supérieur :
- VDY convient à qui accepte une exposition très marquée aux grandes banques.
- XEI convient à qui veut plus de titres et plus de services publics.
- XDIV convient à qui accepte une forte concentration en échange de frais plus bas et d’un filtre de qualité.
Le bon choix dépend de votre objectif et de ce que votre portefeuille contient déjà.
FAQ
Lequel a les frais les plus bas ?
XDIV, avec un RFG de 0,11 %, contre 0,22 % pour VDY et XEI.
Lequel verse le plus de revenu ?
XEI affichait les deux mesures de rendement les plus élevées à la date de vérification, mais les distributions ne sont pas garanties et varient chaque mois.
Peut-on détenir ces FNB dans un REER ou un compte non enregistré ?
Oui, mais les règles fiscales diffèrent de celles du CELI et méritent une analyse distincte.
Ces trois FNB sont-ils diversifiés ?
Ils sont diversifiés en nombre de titres, mais fortement concentrés dans la finance et l’énergie.
Cet article est fourni à titre informatif et éducatif seulement. Il ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou de placement personnalisé. Les données proviennent des émetteurs aux dates indiquées et peuvent avoir changé. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs. Consultez un professionnel qualifié avant de prendre une décision de placement.
