La tech s’effondre… Est-ce la fin ou le début d’un rebond spectaculaire comme en 2018 ?

Depuis plusieurs semaines, la Bourse traverse une tempête. Et pas n’importe laquelle : une véritable saignée dans le secteur technologique. Des entreprises emblématiques comme Shopify, PayPal, Google, Amazon, Meta et Tesla enregistrent toutes des baisses significatives. Ce n’est pas juste une correction technique sur quelques valeurs, c’est un mouvement généralisé qui secoue l’ensemble du marché. Alors, on se pose tous la même question : est-ce la fin d’un cycle haussier ou juste une pause temporaire avant un redémarrage puissant ?

Pour répondre à cette question, il faut plonger dans les données, analyser le comportement des investisseurs et observer les signaux clés du marché. Et surtout, se demander : que peut nous apprendre l’histoire récente, comme celle d’avril 2018 ?


Un pessimisme extrême… et peut-être exagéré ?

Commençons par un indicateur psychologique souvent négligé mais pourtant très révélateur : le sentiment des investisseurs individuels. Selon les derniers sondages de l’AAII (American Association of Individual Investors), plus de 52 % des répondants pensent que les marchés vont baisser dans les six prochains mois. Ce chiffre dépasse largement la moyenne historique et reflète un niveau de pessimisme rarement atteint, proche de celui observé pendant les pires moments de 2008 ou de la crise Covid en mars 2020.

Et ce n’est pas un sursaut isolé. Cela fait quatre semaines consécutives que le pessimisme dépasse les 50 %. Historiquement, ces périodes de peur extrême sont souvent suivies… par des rebonds importants. Pourquoi ? Parce que lorsque tout le monde est déjà négatif, la majorité des ventes sont déjà faites. Le potentiel de baisse diminue, et la moindre bonne nouvelle peut provoquer un retournement brutal.


Correction ou krach ? Faisons la distinction

Il est important ici de prendre un peu de recul. Oui, les marchés baissent, en particulier le secteur technologique. Mais parlons chiffres. L’indice QQQ, qui reflète la performance des grandes entreprises tech du Nasdaq, est en baisse d’environ 8 % depuis le début de l’année.

On parle donc d’une correction, pas d’un krach. La frontière entre les deux est claire : une correction désigne une baisse de 10 à 20 %, tandis qu’un krach implique une chute brutale de plus de 20 % sur une période très courte. Pour le moment, le recul est progressif, influencé par des facteurs bien identifiés :

  • la hausse des taux d’intérêt,
  • la crainte d’une inflation persistante,
  • et des doutes sur les bénéfices futurs des entreprises tech.

Pas de panique excessive, donc. On est dans une phase de digestion, pas dans un effondrement généralisé.


Le 2 avril, un tournant historique ?

Pourquoi parle-t-on autant du 2 avril dans les cercles d’investisseurs ? Parce que cette date a une valeur symbolique et historique. En 2018, après un début d’année catastrophique, marqué par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, les marchés avaient atteint un point bas… le 2 avril précisément.

Ce jour-là avait marqué la fin de la vague de panique et le début d’un rallye spectaculaire, à contre-pied total du sentiment ambiant.

En 2025, les similitudes sont troublantes :

  • On parle à nouveau de barrières tarifaires et de tensions commerciales entre grandes puissances.
  • Le sentiment de marché est ultra négatif.
  • Et les principaux indices sont déjà en correction.

Est-ce que l’histoire va se répéter ? Rien n’est certain. Mais si une accalmie géopolitique intervient dans les jours à venir, le marché pourrait retrouver un certain optimisme, et le 2 avril 2025 pourrait bien marquer, une fois encore, un point d’inflexion majeur.


Les ménages changent de comportement : un signal économique fort

Un autre indicateur à surveiller de près : le taux d’épargne des ménages. Depuis fin 2024, on observe une hausse marquée de l’épargne personnelle. En parallèle, les dépenses de consommation reculent, parfois même deviennent négatives, comme en janvier 2025.

Ce changement de comportement n’est pas lié à une explosion du chômage ou à une baisse des revenus. Au contraire, le revenu disponible augmente. Mais la peur de l’inflation, de la récession ou simplement de l’incertitude pousse les gens à mettre de l’argent de côté.

C’est un réflexe rationnel, mais qui a des conséquences macroéconomiques : moins de consommation = moins de revenus pour les entreprises = pression sur les bénéfices = pression sur les marchés boursiers à court terme.


Quand la tech chute… les défensives brillent

Même dans un marché baissier, il y a des poches de performance. Et ces dernières semaines, ce sont les valeurs défensives qui tirent leur épingle du jeu.

Regardons quelques performances récentes sur 3 mois :

  • Philip Morris : +31 %
  • AT&T : +25 %
  • AbbVie, Coca-Cola, T-Mobile : tous en forte progression.

Pourquoi ? Parce que ces entreprises offrent des revenus stables, souvent sous forme de dividendes réguliers. Elles sont peu sensibles aux cycles économiques, ce qui en fait des refuges naturels en période de turbulence.

Même Berkshire Hathaway, le conglomérat de Warren Buffett, affiche une belle progression avec +17 % sur trois mois. Le message du marché est clair : la sécurité prime sur la croissance à tout prix.


Warren Buffett attend son moment

Justement, parlons de Warren Buffett. L’investisseur légendaire reste assis sur une montagne de cash : plus de 334 milliards de dollars. C’est un niveau record, qui montre à quel point il a été patient ces dernières années.

Mais Buffett ne reste jamais passif très longtemps. En 2008, il avait acheté des actions en pleine crise. Idem en 2020, pendant la panique Covid. Chaque fois, son intervention a marqué un tournant psychologique sur les marchés.

Les investisseurs scrutent donc ses moindres mouvements. S’il commence à acheter dans les prochaines semaines, cela pourrait déclencher un effet boule de neige de confiance et de rachats.


L’or en mode refuge… mais le Bitcoin intrigue

En période de stress, les marchés cherchent des valeurs refuges. Et l’or reste le champion incontesté dans cette catégorie. Récemment, son prix a franchi un record historique : plus de 3 100 $ US l’once. Cela traduit une peur généralisée, une méfiance vis-à-vis des actifs risqués et des politiques monétaires.

Mais une nouvelle classe d’actifs attire aussi l’attention : les cryptomonnaies, en particulier le Bitcoin. Pour certains, il s’agit d’un « or numérique », une réserve de valeur alternative, indépendante des banques centrales.

Attention cependant : le Bitcoin est beaucoup plus volatil que l’or. Son comportement en période de crise est encore mal documenté. L’or reste donc, pour l’instant, le refuge le plus solide et le plus prévisible.


Actifs productifs vs non-productifs : un rappel essentiel

Dans ce climat d’incertitude, il est crucial de revenir aux fondamentaux de l’investissement. Il existe deux grandes catégories d’actifs :

  • Les actifs productifs : actions, entreprises, immobilier… qui génèrent des revenus ou créent de la valeur.
  • Les actifs non-productifs : or, argent, cryptomonnaies… qui ne produisent rien mais peuvent prendre de la valeur par rareté ou spéculation.

Warren Buffett l’explique très simplement : « Un lingot d’or ne produit rien. Une entreprise ou un immeuble vous rapporte de l’argent, année après année. »

C’est ce principe qui fait toute la différence à long terme. Dans les moments de panique, les actifs non-productifs brillent. Mais pour construire une richesse durable, ce sont les actifs productifs qu’il faut privilégier.


Conclusion : La peur domine… mais les opportunités émergent

Oui, le climat actuel est tendu. Oui, les actions technologiques souffrent. Et oui, le pessimisme est généralisé. Mais c’est justement dans ces moments-là que se créent les meilleures opportunités.

Les excès de peur peuvent précéder des rebonds puissants. L’histoire de 2018 nous l’a montré. La prudence est de mise, mais pas l’immobilisme. Surveiller les signaux (sentiment, interventions de Buffett, stabilisation géopolitique) peut permettre de saisir le bon moment pour agir.

Alors… est-ce la fin ? Probablement pas. C’est peut-être juste un point bas temporaire, avant un redécollage. Restez vigilants, gardez votre sang-froid, et n’oubliez jamais : les marchés récompensent ceux qui savent rester rationnels… quand tout le monde panique.

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